Chapitre 1 Le Silence des Ondes Le vent soufflait entre les rochers, un souffle sec, chargé d'une odeur minérale qui semblait remonter des profondeurs de déserts oubliés. Kael était allongé sur une corniche dominant la vallée, immobile depuis près d'une heure, les coudes ancrés dans la pierre brûlante. Ses jumelles étaient braquées vers l’ouest, vers la cité. Même après tant d’années, le spectacle conservait ce double tranchant : une fascination hypnotique doublée d’une inquiétude sourde. À cette distance, la ville ne ressemblait pas à une construction humaine, mais à une excroissance géométrique, froide, où les tours de verre se dressaient comme des lames aiguisées, prêtes à trancher l'azur d'un ciel qu'elles semblaient vouloir domestiquer. Les rubans de verdure et les bassins d'eau claire, où circulaient des milliers, peut-être des millions d'individus, offraient le tableau d'un mécanisme d'horlogerie d'une précision effrayante. Pas un ge...
Le Bistrot Littéraire
Un lieu d'échanges autour des livres, des idées et des récits qui interrogent notre époque.
Manifeste d'auteur
« Comment une civilisation peut-elle continuer à exister lorsque les conditions qui rendaient le monde intelligible commencent à disparaître ? »